jeudi 31 octobre 2013

DEMARCHE DIOCESAINE ET CONFIRMATION

Comme chaque année depuis 2011, notre démarche diocésaine s’appuie sur la Parole de Dieu. Après les fiches sur les paraboles de la semence, le Baptême, l’Eucharistie, ce seront celles sur la Confirmation, le troisième des sacrements de l’initiation. Notre démarche diocésaine a pour objectif de développer le nombre de catholiques responsables de l’évangélisation, la leur et celle de leurs familles, amis, voisins, collègues de travail et de sport, etc. La pratique de l’Evangile n’est pas une entreprise humaine qui se juge à ses productions ou à ses résultats financiers. Il s’agit de l’œuvre de Dieu, c’est Lui qui, par le Christ et son Corps qu’est l’Eglise, agit, grâce à son Esprit. C’est en étant davantage unis à Lui que nous contribuerons à son œuvre et à ce qu’Il attend de nous. D’où l’importance de cette méditation en petites équipes de la Parole de Dieu sur trois textes concernant la confirmation. 

Les fruits de ce sacrement sont nombreux. Je me contenterai d’en rappeler deux : 
Il permet d’avoir un discernement spirituel, au sens fort de ce mot.
Il permet de participer à la mission de l’ensemble de l’Eglise.

PRATIQUER LE DISCERNEMENT SPIRITUEL
Si l’Esprit nous est définitivement donné, c’est pour que nous ressemblions de plus en plus au Christ et trouvions ainsi notre plénitude personnelle. Car « devenir semblables au Christ » (selon la magnifique oraison sur les offrandes à la messe de confirmation), nous permet de devenir vraiment nous-mêmes. L’Esprit Saint nous apprend, lentement mais sûrement, à voir comme le Christ voit, à agir comme Il agit, à servir les autres comme Il les sert... Les réalités auxquelles nous sommes confrontés sont complexes. Il n’est pas simple ni aisé de « reconnaitre quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de Lui plaire, ce qui est parfait » (Rm 12,2). Chacun apprend peu à peu à éclairer sa conscience à la lumière de l’Esprit, grâce à la méditation de la Parole de Dieu, à la prière personnelle et communautaire, à l’Eucharistie, à la pratique de la charité au sens fort de ce mot. Ainsi peut-il discerner les appels de Dieu pour s’humaniser en vérité et humaniser les autres selon l’Evangile. L’Esprit, aux ressources inépuisables, nous soutient en permanence dans cette recherche et ce combat qui ne s’achèveront que dans le face-à-face avec la Trinité.

L’Esprit nous apprend aussi à discerner « les merveilles de Dieu » (Actes 2) dans notre monde actuel. Car Dieu n’a pas agi qu’à la Résurrection du Christ et à la première Pentecôte. Il ne cesse d’agir tous les jours. C’est avec les yeux de la foi que nous pouvons nous en rendre compte. Le concile Vatican II affirme avec force « Mû par la foi, se sachant conduit par l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, le peuple de Dieu s’efforce de discerner ... les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (GS 11). 

Le catéchisme des évêques de France développe cette conviction en disant : « Le croyant peut légitiment discerner dans les progrès de la justice et de la liberté parmi les hommes un signe et une ébauche du Royaume qui vient » (256). Une telle démarche est celle des « signes des temps ». Si le confirmé prend l’habitude de cette contemplation, il sera étonné de découvrir autant de merveilles de Dieu dans sa vie personnelle comme dans notre société actuelle. Car l’Esprit-Saint n’a pas déserté notre monde et il l’anime toujours. 


PARTICIPER A LA MISSION DE L’EGLISE
Ce discernement ne peut pas être réalisé de manière isolée. Chaque confirmé a besoin des autres, il y parvient avec toute l’Eglise. Le sacrement qu’il a reçu une fois pour toutes l’associe précisément à la mission de l’Eglise. Celle-ci, comme chacun le sait, consiste à témoigner du Christ pour qu’Il soit davantage connu, aimé et suivi. A commencer par les chrétiens eux-mêmes. 

Il en est ainsi depuis la Pentecôte. Chaque génération est appelée à écrire un nouveau chapitre des Actes des Apôtres. En rayonnant la foi, l’espérance et la charité. En reconnaissant Dieu comme le Père de l’humanité entière. En contribuant à développer la fraternité pour que chaque être humain soit reconnu dans sa dignité inaliénable. En agissant pour que notre monde devienne le Royaume de Dieu. En proposant la méditation de la Parole de Dieu relue à l’expérience des chrétiens depuis 2000 ans. En rendant grâce à Dieu par le Fils dans l’Esprit à chaque Eucharistie. En célébrant les autres sacrements pour la construction du Corps du Christ. 

Les lettres des confirmands, jeunes et adultes, expriment souvent avec bonheur cette découverte de l’identité véritable de l’Eglise, au-delà des clichés superficiels. Certains de ces hommes et de ces femmes, de ces garçons et de ces filles désirent être associés de manière solide à ces activités ecclésiales. Mais nos communautés catholiques ne savent pas encore comment s’y prendre pour accueillir les dynamismes de ces nouveaux chrétiens. Pourtant personne n’est de trop dans l’Eglise. Celle-ci a besoin de chaque baptisé pour assurer sa mission. Sans doute, ne sommes-nous pas assez attentifs aux inspirations de l’Esprit-Saint qui nous invite à faire une plus grande place à ceux qui frappent à nos portes.

Enfin, il est utile de rappeler que cet affermissement du lien avec l’Eglise est aussi signifié par l’évêque. Le catéchisme français précise : « En Occident, c’est habituellement l’évêque qui donne le sacrement  (Il peut en concéder la faculté à des prêtres déterminés). Ainsi la confirmation est plus clairement reliée à la première effusion de l’Esprit-Saint au jour de la Pentecôte. En effet, les Apôtres, après avoir été remplis de l’Esprit-Saint, le transmirent eux-mêmes par l’imposition des mains à ceux qui crurent. Ainsi, le fait de recevoir l’Esprit-Saint par le ministère de l’évêque met davantage en valeur le lien qui rattache les confirmés à toute l’Eglise, et le commandement reçu du Christ de rendre témoignage au milieu des hommes » (rituel romain, 7). 

Une célébration diocésaine, comme celle qui s’annonce à Saintes le 8 juin, développera cette dimension ecclésiale qui est essentielle au sacrement de la confirmation. 

+ Bernard Housset
Evêque de La Rochelle et Saintes
Novembre 2013

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